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Lancement de la Nissan Qashqai E-Power au Maroc

La révolution électrique est en marche dans notre pays. Le renouvellement des gammes passe désormais inévitablement par la case de l’hybride ou de l’électrification à 100%. SVMN, importateur de la marque Nissan ne déroge pas à la règle. Ainsi, après avoir commercialisé le Qashqai essence, SVMN vient de lancer son alter ego en mode hybride doté d’une technologie innovante dénommée E-Power. Cette dernière contrairement à un hybride classique cantonne le rôle du moteur thermique à la recharge de la batterie tandis que seul le bloc électrique se charge de la rotation des roues. 

Le dispositif est composé d’une batterie à haut rendement, d’un moteur essence 3 cylindres 1,5 litres turbo générant 188 ch et d’un moteur électrique 140 kW. Cet attelage bien pensé permet de parcourir jusqu’à 1.000 km, de quoi ménager le porte-monnaie. Autre avantage, le tout nouveau dispositif de conduite avec une seule pédale : e-pedal step. Le prix de lancement du nouveau Qashqai e-Power est de 390.000 DH. 

Inauguration du premier centre de tests automobiles en Afrique à Oued Zem

Une première en Afrique. Le Maroc abrite un centre de tests automobile, implanté à Oued Zem au Maroc, sur un terrain de 500 hectares. Répondant aux normes internationales, ce site innovant est le fruit de la collaboration entre FEV, leader allemand du développement automobile, et le groupe français UTAC. La presse a été convié pour le découvrir sous toutes ses facettes.  

Ce centre comprend des zones d’essai dédiées à la conduite à grande vitesse, aux tests de freinage, à l’acoustique, ainsi que des pentes abruptes et des sections routières accidentées. Il est divisé entre les quatre ateliers de l’UTAC, les installations d’essais de la FEV, et compte 14 pistes distinctes. l’UTAC propose un ensemble complet de développement et de validation réparti sur quatre ateliers et trois enceintes climatiques. Un hôtel construit spécialement pour les invités avec des restaurants, un spa et des installations de loisir complète le package.

Porsche célèbre son 75eme anniversaire sur le circuit de l’UTAC

Le centre d’essais UTAC fut encore une fois le théâtre d’une belle symphonie de motorisations légendaires déchirant le calme régnant dans la région d’Oued Zem. Cette fois-ci c’est au tour de la mythique marque allemande Porsche de faire son show et les afficionados ne sont pas fait priés pour se bousculer au portillon, le samedi 11 novembre 2023. Au menu, une belle brochette de 911 rutilantes ainsi que des Boxster, Taycan, Panamera, Cayenne et Macan. Au total, plus de 200 Porsche concoctées par C.A.C, importateur exclusif de la marque de Zuffenhaussen au Maroc étaient au rendez-vous pour en découdre sur le circuit de l’UTAC. Des modèles plus anciens et plus rares forcément étaient également de la partie à l’image de la 911E 2.7 Targa de 1970, la 911 2.4S Targa de 1973 et la Carrera T Type 991 de 2017. 

Le clou du spectacle était bien sur la partie pilotage qui en a fait vibrer plus d’un. L’importateur a eu la gentillesse de mettre à disposition certaines de ses perles notamment une Type 992 ainsi qu’une Taycan Sport Turismo et un 718 Cayman, qui ont lâché leur sacrée cavalerie sur un tracé de 4,4 km. le Cayenne et le Macan, n’étaient pas en reste avec des escapades sur le circuit hors-piste de ce centre d’essais.

L’Audi Q8 s’offre un restylage de mi-vie

L’Audi Q8 est commercialisé depuis environ cinq ans. Il est donc naturel que la maison d’Ingolstadt mette à jour son SUV phare. Seuls le modèle standard et le SQ8 sont dévoilés aujourd’hui, car le RS Q8 révisé sera présenté plus tard. 

Les changements commencent à l’avant, où la calandre Single frame comporte désormais des éléments octogonaux pour le Q8 et le SQ8. La révision à mi-parcours comprend également une paire de prises d’air imposantes, même pour la variante normale. Mais ce sont les phares qui représentent la mise à niveau la plus importante par rapport à la version pré-faceliftée. L’Audi Q8 2024 reçoit des phares à LED à haute intensité qui peuvent être remplacés en option par une configuration à LED matricielle dotée d’une lumière laser pour les feux de route. À l’arrière, Audi intègre la technologie OLED dans les feux arrière pour imiter la berline A8 et le petit crossover Q5. 

En Europe, Audi commercialisera le modèle 55 TFSI équipé d’un moteur à essence de 3,0 litres fonctionnant selon le cycle d’Otto. Ce moteur six cylindres produit 335 chevaux et un couple de 500 Nm. Il existe également un moteur diesel six cylindres de 3,0 litres, le 45 TDI, qui développe 228 ch et 500 Nm. Le modèle 50 TDI, pour sa part, il développe 282 ch et 600 Nm. Quant au SQ8, il est équipé d’un moteur à essence V8 de 4,0 litres développant 500 ch et 770 Nm lui permettant d’atteindre le 0 à 100 km/h en seulement 4,1 secondes et une vitesse maximale de 250 km/h.

Alfa Roméo maintient sa croissance au troisième trimestre 2023

Après avoir enregistré des résultats extrêmement positifs au premier semestre de l’année en cours, Alfa Romeo continue de voir ses ventes augmenter dans le monde entier au troisième trimestre 2023.

Au troisième trimestre 2023, les immatriculations mondiales de la marque ont augmenté de 39% depuis le début de l’année et de 10% sur les 3 derniers mois. La croissance des ventes de la marque en Europe a été de 66% depuis le début de l’année et de 15% au troisième trimestre. En hausse de 128% sur le total annuel, la région Moyen-Orient et Afrique a pour sa part confirmé sa tendance à la croissance record, avec une augmentation de 66% au troisième trimestre. Cette région est désormais un marché fiable pour la marque italienne puisque les ventes d’Alfa Romeo y progressent régulièrement depuis 2022. 

Avec une augmentation de 27 % par rapport au troisième trimestre 2022, la région Inde-Asie-Pacifique représente également un marché stratégique clé pour la marque. D’ailleurs, un nouveau magasin officiel a ouvert à Singapour après le lancement de la marque à Hong Kong.

Enfin, et dans le sillage des résultats obtenus suite à l’étude de qualité initiale (IQS) réalisée par JD Power, Alfa Romeo a pris la première place parmi les marques premium, ainsi que la troisième place parmi l’ensemble des constructeurs mondiaux tous segments confondus.

Peugeot présente en avant-première au Salon de Zurich son nouveau E-3008

Le constructeur automobile français Peugeot a dévoilé son nouveau crossover électrique, le E-3008, en grande première au salon de l’automobile de Zurich. Basé sur la plateforme de milieu de gamme Stellantis, le E-3008 affiche une autonomie impressionnante de 700 kilomètres. Parmi les caractéristiques notables, citons le i-Cockpit Panorama équipé d’un écran panoramique HD incurvé de 21 pouces. Le E-3008 sera fabriqué dans l’usine de Sochaux en France et devrait être commercialisé au début de l’année 2024.

Lors de ce salon, l’entreprise a également présenté une gamme variée de véhicules électriques, dont les E-208, E-2008, E-308, E-Rifter, E-Partner et E-Expert, couvrant un large éventail de segments de véhicules afin de répondre aux préférences et aux besoins des clients.

La feuille de route de Peugeot en matière d’électrification s’étend au-delà des véhicules purement électriques pour inclure des modèles hybrides. Au salon de l’automobile de Zurich, l’entreprise a présenté des modèles hybrides tels que la 308 SW Plug-in Hybrid 180, la 408 Plug-in Hybrid 225, la 508 SW Peugeot Sport Engineered 360 et la 5008 Hybrid 136. Ces modèles constituent une option viable pour les clients qui ne sont pas encore prêts à passer entièrement aux véhicules électriques.

La huitième edition du Peking to Paris Motor Challenge

La huitième édition du Peking to Paris Motor Challenge se déroule du 18 mai au 23 juin 2024, suivie d’une autre édition en 2025, a annoncé l’organisateur HERO-ERA. 

Le Peking to Paris Motor Challenge suit les traces du rallye d’endurance original de 1907, qui a été conçu comme le test ultime pour le véhicule et l’équipage à travers la plus grande masse terrestre du monde. Cent participants entameront à Pékin le parcours éprouvant de 37 jours et 14 000 km, traversant neuf pays, huit fuseaux horaires et un terrain difficile avant d’atteindre la ligne d’arrivée dans la capitale française. L’édition 2024 contournera la Russie. Les équipages passeront de nombreuses nuits à camper dans la nature à mesure qu’ils traverseront le désert de Gobi vers l’ouest et la région sauvage et isolée du Kazakhstan. De là, les concurrents traverseront la mer Caspienne en ferry pour atteindre l’Azerbaïdjan, à la frontière de l’Europe de l’Est et de l’Asie de l’Ouest. La route exigeante se poursuit à travers la Turquie et la Grèce, puis dans les Alpes françaises, dans une section qui promet de maintenir la pression sur les équipages jusqu’à la ligne d’arrivée.

Harite Gabari

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Avec sa silhouette imposante et son regard perçant, le Gadiri Harit Gabarit ne cache pas son tempérant de fonceur, que rien ne semble arrêter. C’est grâce à sa détermination qu’il a gravé son nom dans le marbre, comme étant le seul Marocain à briller dans la discipline du rallye-raid et particulièrement dans le Dakar, malgré le peu de moyens dont il disposait. C’est un exemple à suive pour les générations futures, qui veulent creuser leur sillon et atteindre les cimes. Toujours à l’avant-garde dans les rallyes et avec un nombre honorable de participations au Dakar au compteur, Harit est un vieux briscard, qui a plus d’un tour dans son sac. Il partage volontiers cette riche expérience avec les nouvelles générations de pilotes passionnés de l’enduro.
Dans cet entretien accordé à Gentlemen Drivers Magazine, Harit Gabarit nous ouvre son petit jardin secret, pour révéler sa passion dévorante pour la moto et ses aventures et succès en compétition.

Comment avez-vous attrapé le virus de la passion pour la moto ?

133 Gabari Harite (mar), KTM Rallye Replica, action during the Rallye du Maroc 2021, from October 8 to 13, 2021 in Zagora, Morocco – Photo Julien Delfosse / DPPI

Mon père faisait de l’enduro et nous avions l’habitude, très jeunes, de le voir avec son accoutrement bizarre de motard enfourcher sa bécane. Cela nous a marqués, mon frère et moi. En outre, mon père nous emmenait parfois visiter les bivouacs, quand il y avait des courses qui se déroulaient à Agadir. À la maison, l’ambiance de la mythique course du Paris-Dakar était assurée, puisque nous avions une collection de cassettes des courses de ce fabuleux rallye. Donc, c’est tout naturellement que je suis tombé dedans.

Quelle fut votre première moto ?


C’est mon frère aîné qui a récupéré la moto de mon père, une Yamaha IT 175. J’ai ressenti à l’époque une certaine frustration, mais cela ne m’a pas empêché d’assouvir ma passion en empruntant des motos auprès d’amis. Et j’ai même pu participer à certaines courses au guidon d’une YZ80. Ma première vraie moto a été une WR 450 Enduro, avec laquelle je m’entraînais et m’évadais dans les grands espaces.

À quel moment avez-vous décidé de vous lancer dans la compétition ?


En 2004, j’ai commencé à participer à des courses enduro organisées par des étrangers au Maroc. J’étais le seul pilote marocain à y participer. Cela m’a permis de mieux découvrir le monde de la compétition et de tisser des relations avec des pilotes chevronnés. Mais la vraie école qui m’a réellement permis de mettre le pied à l’étrier, a été le Rallye de l’Amitié. Cette expérience a été couronnée par une première place, obtenue lors de l’édition de 2005. Une autre grande course avec laquelle j’ai pu grandir davantage a été le Rallye du Maroc, qui est une épreuve du Championnat du monde, à laquelle participent les plus grands pilotes de la discipline. En 2008, je me suis classé 3e devant les meilleurs pilotes, ce qui m’a motivé davantage à aller encore plus loin. Cette année-là, j’ai pu décrocher la cinquième place au général. Enhardi par ce résultat, j’ai sollicité l’appui de la Fédération royale marocaine pour participer à la deuxième manche en Tunisie, mais faute de budget, j’ai dû laisser tomber. Et je voudrais ici rendre un hommage spécial à Monsieur Khalid El Kabbaj, qui était le seul à me soutenir financièrement, sans contrepartie, parce qu’il a cru en moi. 2012 reste également une date marquante dans mon parcours, puisque lors de la participation au Rallye Oilibya, j’ai pu terminer la course dans le top 10, aux côtés de pilotes de renommée internationale.

Vous êtes le premier pilote marocain à avoir participé et terminé un Dakar. Que représente pour vous ce rallye mythique ?


C’est la plus prestigieuse victoire que peut accrocher un pilote de rallye raid à son tableau de chasse. Déjà, le finir c’est une victoire en soi (rires…). Dans ma catégorie (Marathon, Ndlr), j’étais toujours très compétitif, en étant toujours avec les meilleurs. Malheureusement, le matériel n’était pas au diapason, faute de budget. Ainsi, je devais rouler avec une seule paire de pneus, là où les pilotes usine les changeaient lors de chaque étape. Un monde nous séparait s’agissant du type de motos Je roulais avec une moto de série modifiée et sans assistance technique. Cet avatar m’a joué de vilains tours, car j’étais plus exposé aux incidents que les autres. Ainsi, j’ai eu un hématome du rein et j’ai dû avaler une plaquette de Voltarène pour rallier l’arrivée et en 2016, je me suis cassé une vertèbre, ce qui m’a contraint à l’abandon.

Comment se prépare-t-on à un Dakar ?


C’est une course très physique, parce qu’il fait manier une moto lourde sur des terrains accidentés et truffés de pièges, à des vitesses pouvant atteindre les 170 km/h ! C’est pourquoi, je me prépare pendant un an à ce rallye, en multipliant les sorties longues. La préparation mentale est tout aussi importante, car la course est très difficile, puisqu’en plus de la fatigue physique, il faut gérer les couacs qui peuvent survenir (pannes…) et supporter le manque de sommeil.

Pourquoi ce sport ne s’est-il pas développé au Maroc ?


La Fédération royale marocaine de motocyclisme accorde la priorité au motocross et délaisse la discipline de l’enduro. Donc, c’est tout à fait normal qu’il y ait peu d’intérêt de la part des motards au Maroc. Le financement est le nerf de la guerre dans cette discipline et s’il n’y a pas d’appui financier de la Fédération et des sponsors institutionnels, il n’y aura pas de résultat. Pour participer par exemple au Dakar, il faut au minimum un budget d’un million de DH ! S’il l’on ne prend que la moto, elle coûte 400.000 DH de série, sans compter les modifications. Pour ma part, je tente d’encourager les passionnés qui ont les moyens pour y participer. L’année dernière, j’ai réussi à convaincre deux Marocains à participer avec moi au Dakar, dont un a pu terminer la course.

Quelle marque de motos affectionnez-vous ?


J’ai toujours été fan de Yamaha, sauf que la marque a marqué le pas ces dernières années en ce qui concerne l’enduro. Et c’est la marque KTM qui en a profité pour s’ériger en référence dans cette catégorie. Donc, c’est sans surprise que l’on retrouve en majorité des KTM lors des rallyes-raids. Husqvarna fait également de la résistance, en proposant des modèles au bon rapport qualité-prix, sans oublier Honda, qui s’est ressaisi ces derniers temps et affiche de fortes ambitions.

Quels sont vos projets actuels ?

Alors que c’était l’inverse il y a quelques années, aujourd’hui, je me consacre beaucoup plus à mon travail, au détriment de la compétition (rires…). J’organise des stages pour le compte de passionnés qui veulent améliorer leur pilotage en enduro. Je prodigue également des conseils aux motards qui font de la compétition et au besoin, je peux les assister. Je suis tellement passionné par la moto que je ne peux pas exercer un autre métier. Je garde bien entendu un pied en compétition, mais je commence à me lasser de chercher des sources de financement. Ces derniers temps, j’ai commencé à m’intéresser aux quatre roues, à l’instar des grands pilotes de rallyes-raids, qui se sont convertis au sport automobile. L’année dernière, j’ai participé au Rallye du Maroc à bord d’un Buggy. Les sensations étaient bonnes, mais malheureusement, j’ai eu un accident. Je souhaiterais évoluer dans cette discipline, malgré l’investissement conséquent que cela exige.
Est-il facile pour un pilote d’enduro de basculer vers le sport automobile ?
Vous savez les pilotes d’enduro sont les mieux placés pour réussir en sport auto. Les exemples ne manquent pas, avec Stéphane Peterhansel ou Nani Roma. Le secret réside dans leur excellente lecture du terrain, contrairement aux pilotes automobiles qui sont habitués à l’assistance du co-pilote. Les motards sont également plus rapides, car habitués à prendre plus de risques.

Votre fils s’intéresse-t-il à la moto ?

Pas tellement. Depuis son plus jeune âge, il a baigné dans l’ambiance des courses de motos, mais avec le temps, il a montré beaucoup plus d’intérêt pour ses études. Je respecte son choix et je me dis que c’est tant mieux, car avec les problèmes de financement, les perspectives ne sont pas tellement prometteuses au Maroc. Et c’est dommage, car de l’avis des plus grands champions de la discipline, le Royaume dispose des meilleurs parcours au monde, alternant montagnes, dunes, et terrains rocailleux.

Avez-vous une collection de motos ?

J’aurais bien aimé, mais cela coûte une fortune. Je garde soigneusement quelques motos de mes participations au Dakar.

Quelle moto vous fait rêver ?

J’ai le béguin pour le dernier modèle de la KTM Replica. C’est une redoutable machine, qui représente le summum de ce qui se fait en matière d’enduro.

Quel est votre pilote fétiche ?

Incontestablement, le grand Stéphane Peterhansel. C’est un immense champion, qui est à la fois doué et humble. C’est en partie grâce à lui que je suis un passionné
du rallye-raid.

Andreas Kurbos

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A Porsche et Mercedes-Benz lover 

Voilà un designer qui dès sa tendre enfance a développé des liens très forts avec l’automobile et plus particulièrement un amour pour Mercedes-Benz et Porsche. Andreas Kurbos avoue que son penchant pour le design automobile s’est développé grâce à ces deux marques. Après avoir fourbi ses armes chez Smart et MBtech, filiale de Daimler AG, il se consacre à Porsche en collaborant avec Wiesmann et RUF. Une collaboration de plus de 15 ans qui lui a beaucoup apporté en termes d’expertise. Mais son goût pour l’aventure a fini par prendre le dessus le libérant de toute contrainte pour donner libre cours à ses propres choix stylistiques. C’est ainsi qu’il fond Studiokurbos en 2013. 

Dans cet entretien accordé au Magazine Gentlemen Drivers Magazine, Andreas Kurbos revient sur sa riche carrière de designer, son amour particulier pour Porsche et sa vision de l’avenir du design automobile. 

Quand avez-vous songé pour la première fois à devenir designer automobile ?

J’ai un lien personnel très fort avec les voitures, en particulier avec Mercedes et Porsche. Je suis né à Stuttgart, mais j’ai grandi en France. Mon père était footballeur professionnel, ce qui signifie que j’ai beaucoup bougé et que j’ai eu l’occasion d’explorer de nombreuses villes différentes. Enfant, c’était un défi pour moi : J’ai fréquenté deux jardins d’enfants différents, cinq écoles primaires et deux écoles secondaires. Mes parents m’ont inculqué l’amour de Mercedes et de Porsche, et j’ai développé une fascination presque éternelle pour ces marques.

Si j’ai développé un penchant pour le design automobile, c’est grâce à ma passion pour ces deux marques, leurs véhicules et leur esthétique. À la fin des années 1990, alors que la recherche d’informations nécessitait un réel effort, ma curiosité et ma détermination m’ont permis de découvrir tout ce que je devais savoir. J’ai la chance de vivre à Stuttgart, où se trouvent les légendaires studios de design de Mercedes-Benz et de Porsche. Ces marques dominent la région et je suis ravi de travailler dans ce secteur.

Quelle était votre première voiture ? 

Ma première voiture était une smart city coupé de 2000, connue plus tard sous le nom de fortwo, avec un extérieur noir et un intérieur bleu que j’adorais.

Quel fut le point de départ de votre carrière ?

À la fin des années 1990, j’ai suivi un apprentissage en design textile, qui a continué à m’inspirer tout au long de ma carrière. Et oui, je sais comment installer un métier à tisser ! J’ai ensuite décroché un stage de longue durée chez smart, dans le département design, où j’ai travaillé sur des projets de design d’extérieur et d’intérieur. C’était le signal de départ !

J’ai commencé mon stage chez smart en août 2000 et j’y ai passé de très bons moments. C’était un environnement qui ressemblait à une startup des temps modernes, malgré son appartenance à une grande entreprise. Smart a continué à produire des employés et des designers exceptionnels, et j’ai eu le privilège d’apprendre de Hartmut Sinkwitz, qui dirigeait le design de Smart à l’époque et qui est aujourd’hui vice-président du design d’intérieur chez Mercedes-Benz. Emiel Burki a également été un mentor important à cette époque et travaille aujourd’hui chez Porsche (concepteur de la Taycan) après avoir travaillé chez Mercedes-Benz. Plusieurs de mes collègues de l’époque ont réussi à occuper des postes de direction dans de grandes entreprises.

Pourquoi avez-vous choisi l’Italie pour vos études de design ?

Bien que je vive à proximité de la célèbre école de design de Pforzheim, elle ne m’a pas suscité mon intérêt. J’ai préféré poursuivre mes études à Turin, où la famille Spada (Ercole et Paolo) m’a accueillie pendant une courte période, alors que je me sentais encore un peu désorienté à Turin.

Cette expérience a été essentielle pour développer une vision multiculturelle, apprendre une nouvelle langue et m’immerger dans la scène italienne du design. J’ai également eu l’occasion d’élargir mon réseau. Dans l’ensemble, mon séjour à Turin m’a ouvert de nouvelles portes et m’a permis d’acquérir une perspective unique sur le design que je n’aurais pas eue autrement.

J’ai eu l’occasion de travailler sur mon mémoire de licence sous la direction de Frank Stevensen. Grâce à lui, j’ai également eu la chance de rencontrer et d’apprendre auprès d’experts de cabinets de design renommés tels que Pininfarina, Bertone et Italdesign. Une autre influence importante pendant mes études a été celle de mon professeur Lowie Vermeersch, qui a depuis établi avec succès son propre studio de design à Turin, après avoir dirigé le département de design de Pininfarina. Rétrospectivement, c’était une période extraordinaire qui a grandement contribué à façonner ma passion pour le design et mon parcours professionnel.

Je suis ensuite retourné chez Smart à Böblingen, où j’ai travaillé jusqu’en 2005. La marque n’ayant pas réussi à atteindre le seuil de rentabilité, le service de conception et de développement a fermé ses portes au cours de l’été 2005. Cet échec m’a donné l’occasion de refaire mes preuves.

Votre passage chez MBtech vous a-t-il donné l’opportunité de faire une incursion dans l’univers de Daimler AG ? 

J’ai décidé de rejoindre MBtech, qui était à l’époque une filiale de Daimler AG. Ce furent mes premières expériences en tant que prestataire de services et surtout en tant que manager. Pendant 5 ans, j’ai dirigé une équipe d’une vingtaine de designers, ce qui m’a permis d’acquérir une expérience inestimable dans la planification de projets, la rédaction de propositions, la conquête de clients et, surtout, le recrutement et le développement de collaborateurs. En outre, j’ai pu participer aux cours de formation au management de Daimler, ce qui a été une excellente opportunité pour moi. J’avais alors une vingtaine d’années. Cette expérience me sert encore aujourd’hui.

Selon vous, comment le rôle du designer a-t-il évolué avec le temps ?

La conception d’une voiture ne se résume pas à la création de jolis croquis – en fait, ce n’est qu’une infime partie. Le véritable défi consiste à comprendre le client de demain et ses besoins. Le volant d’un véhicule est un parfait exemple de la façon dont le progrès technique a modifié le rôle des concepteurs. Autrefois, un volant n’était qu’un objet rond servant à diriger le véhicule. Au fil du temps, de nombreuses autres fonctions ont été ajoutées : le klaxon, l’airbag, les interrupteurs et les boutons, pour n’en citer que quelques-unes.

Bien entendu, le volant doit également être ergonomique et durable, tout en jouant le rôle d’ambassadeur de la marque. C’est l’objet principal par lequel le conducteur interagit avec le véhicule.

Comme vous pouvez le constater, la conception est bien plus qu’une simple réalisation de jolis croquis. L’esquisse n’est que la première étape que les concepteurs franchissent une fois qu’ils ont bien compris les besoins techniques et ceux du client. Le véritable défi consiste à intégrer de manière transparente tous ces facteurs dans leurs conceptions, afin de créer un ensemble complet et irrésistiblement attrayant. Cet objectif est atteint grâce aux efforts de collaboration des architectes d’intérieur, des concepteurs CMF, des concepteurs CAS et du chef de projet.

Quels sont vos principaux projets avec Porsche et Wiesmann ?

Notre objectif dans le processus de conception du Wiesmann Project Thunderball était de collaborer avec Wiesmann pour créer une symbiose fascinante entre un roadster classique et une voiture de sport moderne. À l’instar d’un sculpteur, nous avons créé ensemble une proportion emblématique qui allie l’aspect musclé d’un athlète à l’élégance sportive. Les proportions d’un roadster classique rencontrent le caractère d’une voiture de sport moderne. En collaboration avec Wiesmann et notre équipe de designers, nous avons relevé le défi de concevoir un véhicule électrique tout en conservant le caractère traditionnel de Wiesmann. Ce fut un privilège de travailler avec Roheen et l’équipe de Wiesmann pour donner vie à une vision et à une orientation claires de ce que la nouvelle Wiesmann devrait représenter.

En fait, nous n’avons pas travaillé sur un seul « projet principal » avec Porsche, mais nous avons plutôt collaboré à la mise en œuvre d’un langage stylistique cohérent sur plusieurs véhicules. J’ai le plaisir de travailler avec Porsche depuis plus de 15 ans maintenant, et c’est toujours un honneur pour nous – et surtout pour moi – de contribuer à l’avenir des voitures de sport. Nous nous sommes fortement impliqués dans le soutien apporté à nos collègues de Porsche, en particulier dans les domaines de l’interface utilisateur, de la couleur et de la conception des matériaux. Il y a actuellement beaucoup de projets en cours avec Porsche dont je ne peux pas vraiment parler.

Parlez-nous de l’expérience de développement de la « RUF Bergmeister » en hommage à la légendaire Porsche 909 Bergspyder.

La voiture de sport « RUF Bergmeister » est un hommage à la légendaire Porsche 909 « Bergspyder » de 1968. Avec l’ancien designer de Porsche, Tony Hatter, nous avons travaillé en étroite collaboration au développement du design et transporté une icône dans le présent : individuelle, adaptée à une utilisation quotidienne et sportive sans compromis. Dans le style du « Bergspyder », la partie inférieure de l’arrière reste complètement ouverte, révélant le monoturbo et le système d’échappement.  Sous la carrosserie se trouve une Porsche 993 Cabrio transformée en speedster. La vue arrière crée une silhouette inhabituelle et dynamique. L’arrière ouvert et détaillé contraste avec la vue latérale réduite. Une seule ligne guide l’œil directement vers la vue arrière extravertie et lui laisse la vedette. Le design avant est dominé par les grandes prises d’air, qui attirent le centre de gravité visuel vers la route et soulignent ainsi le caractère typique d’une voiture de sport. 

Nous avons appliqué un processus de conception entièrement numérique pour le projet de nouvelle voiture de sport de RUF Automobile GmbH. Le modèle a été développé étape par étape en 3D, puis discuté et affiné en parallèle avec le client lors de présentations et d’ateliers en RV. Nous avons pu simuler de manière réaliste non seulement le véhicule, mais aussi l’environnement, offrant ainsi une expérience virtuelle complète. Grâce à la technologie VR, le client peut découvrir le véhicule en trois dimensions avec l’équipe de conception, décider des changements et les mettre en œuvre plus rapidement. 

Travailler sur ce projet aux côtés de Tony Hatter et d’Alois Ruf a été très excitant et inspirant. Malgré mes nombreuses années d’expérience, je ne pouvais m’empêcher de me sentir comme un petit garçon à qui l’on donnait la chance de jouer. Tony est un designer très compétent qui a travaillé chez Porsche pendant de nombreuses années et a même conçu la 993. Quant à Alois Ruf, également connu sous le nom de M. Yellowbird, il possède un palmarès impressionnant de projets réussis et d’esprit d’entreprise, que j’admire beaucoup.

Qu’est-ce qui vous motive ?

Il n’y a rien de mieux que de voir notre équipe grandir, s’épanouir et réaliser de grands projets et, bien sûr, le succès et la croissance de Studiokurbos. Cela inclut l’élargissement de notre clientèle et de notre portée dans l’industrie. Mais sérieusement, ma motivation vient principalement de mon désir d’inspirer nos clients. Ce faisant, nous sommes heureux de prodiguer des conseils, ce qui est motivant. Nous ne nous contentons pas d’exécuter, nous avons une vision commune.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Ce sont mes voyages qui me donnent le plus d’inspiration et, surtout, de détente mentale. Le changement constant de perspective entre les clients, les marques, les cultures et les personnes m’inspire. L’Allemagne, l’Europe, l’Asie, la Chine, l’Inde, le Moyen-Orient, la Turquie et d’autres pays sont les cultures et les pays qui m’intéressent et m’inspirent le plus. Si vous vivez dans une pièce blanche en permanence, vous ne saurez pas comment fonctionne le blanc. Ce n’est qu’en entrant dans une pièce de couleur différente que l’on peut reconnaître l’effet de la couleur.

Quelle est votre vision de l’avenir ?

Les designers ont la responsabilité de créer un avenir meilleur. J’accepte tous les défis qui découlent de l’adoption d’une approche holistique qui s’étend à toutes les disciplines du design. Il s’agit de repenser l’avenir, avec toutes les conséquences et les responsabilités que nous avons pour cette planète ! L’économie circulaire est un sujet vaste et important. Nous devons nous demander comment et où les nouveaux matériaux sont obtenus, comment ils sont utilisés, transformés et réintégrés dans le cycle. Les bouteilles de boissons doivent-elles durer 150 ans ou pouvons-nous les concevoir pour qu’elles remplissent leur fonction dans le contexte du cycle, c’est-à-dire pour qu’elles conservent des boissons sûres et saines pendant un certain temps ? Nous devons relever tous ces défis !

Vous avez fondé Studiokurbos en 2013. Comment le studio s’est-il développé pendant cette période, où en êtes-vous aujourd’hui et que prévoyez-vous pour l’avenir ?

Au cours des dix dernières années, il s’est passé beaucoup de choses chez Studiokurbos, dans l’industrie du design et dans diverses entreprises. Rien que ces trois dernières années nous ont appris l’importance d’être prêt à tout. Des start-ups ont été créées et ont disparu à nouveau, l’e-mobilité a fait des progrès significatifs, de nouveaux marchés sont apparus et le monde a connu un arrêt sans précédent avec la pandémie de Covid. Le modèle du travail à domicile est également devenu la nouvelle norme.

En 2013, Studiokurbos était une entreprise individuelle. J’étais plein d’énergie et de motivation pour faire la différence. J’étais curieux mais très inexpérimenté en termes de gestion d’entreprise. Je suis très aventureux et ouvert à la nouveauté. Studiokurbos est le résultat des aventures que j’ai recherchées et permises. Aujourd’hui, nous sommes représentés par plus de 50 employés dans des studios de design situés dans deux villes fantastiques : Stuttgart et Shanghai. Nos employés, créatifs et dotés d’un bon réseau, travaillent ensemble au sein d’équipes de projet pour servir nos clients dans le monde entier. Chaque client et chaque projet représentent un nouveau défi, mais aussi de grandes opportunités. Des opportunités de créer quelque chose de nouveau et d’inédit ! Notre objectif est d’inspirer et de créer en permanence. Nous avons une soif d’action inextinguible. Une entreprise ne devrait pas se définir par le nombre de ses employés, mais plutôt par le fait d’être bonne dans ce qu’elle fait.

En tant que patron, quel style de management prônez-vous ?

En tant que directeur général, il est essentiel de donner la priorité au bien-être de nos employés, à l’économie mondiale et à nos clients, tout en restant réceptif aux nouvelles technologies et tendances. Chez Studiokurbos, nous nous engageons à répondre à la demande d’un design excellent et significatif. Depuis des siècles, la mobilité est une force motrice pour le transport, l’échange, la vitesse et le mouvement. Elle a alimenté le désir de voyager, encouragé les échanges culturels et facilité la communication, donnant naissance à de grandes marques et entreprises. Ce voyage aura encore de longs chapitres et nous voulons faire partie intégrante de cette histoire. Chaque client, chaque projet représente un nouveau défi, mais aussi de grandes opportunités. Des opportunités de créer quelque chose de nouveau et d’inédit 

Quels conseils donneriez-vous aux futurs créatifs et aux futurs étudiants en design de transport ?

Vous ne pouvez créer un design significatif que si vous connaissez et comprenez l’environnement futur du produit ou de la voiture que vous créez. Ces dernières années, la tendance est de demander l’avis des utilisateurs. Je ne partage pas cet avis, sinon nous serions encore à cheval aujourd’hui. Comprendre l’utilisateur, dans toutes ses facettes culturelles et ses structures d’âge. Le fossé technologique entre les différentes générations n’a jamais été aussi grand, et cela est peut-être dû à notre recherche constante de solutions plus rapides, meilleures et plus simples.

Dans le domaine de la conception automobile, la concurrence entre les étudiants s’accroît, les écoles « produisent » beaucoup plus de concepteurs qu’il n’en faut. Bien que les entreprises disposent d’une plus grande sélection, la bataille entre les candidats est rude. Sortir régulièrement des sentiers battus peut s’avérer efficace. Ne vous accrochez à rien, essayez toujours quelque chose de nouveau et faites confiance à votre intuition pour vous guider vers ce qui est bon ! Parfois, il est nécessaire de faire l’expérience de l’insensé et du laid pour comprendre où se trouvent le vrai sens et la beauté.

Avez-vous des voitures de collection dans votre garage ?

Je ne dirais pas que je suis un passionné du thermique, mais j’ai quelques belles voitures dans ma collection, dont une Porsche 964 C4, une 993, une Mercedes 300 SL 1986 en bleu nautique, et une Mercedes SL 320 1999 en noir Smaragd. Mais ce qui m’attire dans ces voitures, ce n’est pas seulement leur performance, c’est leur esthétique intemporelle, le style luxueux des années 80 et 90, l’odeur nostalgique des vieux véhicules et le son unique des vieux moteurs Porsche.

Quels sont vos loisirs ?

La famille, les amis, mes voitures, les voyages, les rencontres et, bien sûr, mon entreprise.

 

Biographie : 

1980 : Naissance à Stuttgart

1999 : Lauréat de l’institut européen de design à Torino

2000 : Designer automobile intérieur/ extérieur de Smart gmbh

2005 : Responsable Design / Conception au MBtech Group GmbH & Co 

2011 : Directeur du département design de la société Silberform 

2013 : Fondateur de Studiokurbos Sarl dont il est le directeur général

 

Eric Hélary

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Toujours bon pied bon œil, Éric Hélary affiche de beaux restes, malgré le poids des années. Son nom déchaîne encore les passions, lui qui a marqué de son empreinte le paysage automobile hexagonal, en faisant partie de cette génération de pilotes français qui ont brillé dans les courses d’endurance. Après un bref passage en monoplace, il jette son dévolu sur les courses d’endurance, où il va faire des étincelles, en épinglant les 24 Heures du Mans, le point d’orgue de son palmarès, dès sa première participation, sur une légendaire 905. À l’orée de sa carrière de pilote, il lance l’écurie Still racing, spécialisée dans la préparation de véhicules historiques qui participent à des courses d’endurance, comme Le Mans Classic.

Dans cet entretien accordé à Gentlemen Drivers Magazine, Éric Hélary retrace son riche parcours de pilote d’endurance, marqué par 11 participations à la course mancelle et une victoire emblématique dès sa première année.

Étiez-vous passionné de voitures depuis l’enfance ?

Ma famille baigne dans l’automobile depuis des décennies. Mon arrière-grand-père fut chauffeur de René Coty (président de la République) et mon grand-père, essayeur chez Citroën, alors que mon père pilotait en coupe Gordini.

Vous rappelez-vous de votre première voiture ?

Oui, bien sûr. C’était un coup de cœur : une Renault 5 GTL, à bord de laquelle j’ai donné mes premiers coups de volant.

Comment avez-vous mis le pied à l’étrier, en sport mécanique ?

J’ai commencé à roder les moteurs de mon papa, qui pilotait en karting. Et je me suis lancé dans la compétition en 1979, dans la même discipline.

Quels résultats avez-vous réalisés en compétition ?

Essais LMES
Castellet 1 et 2 avril 2005
© Clément Marin

J’ai été champion de France Junior en karting durant 3 années consécutives de 1984 à 1986. Par la suite, je me suis lancé dans la Formule Ford et gagné en 1986 le volant Elkron à Montlhéry et devenu champion de France de Formule Ford en 1988, avec 9 victoires. J’ai signé pour la saison 1989 chez Oreca , l’écurie d’Hughes de Chaunac et participé au championnat de France de Formule 3, que j’ai gagné l’année suivante, avec l’écurie Formula Projet. Enfin, je compte 11 participations aux 24 h du Mans, sanctionnées par une victoire et 4 podiums. Au total, j’ai gagné plus de 70 courses.

Pourquoi avez-vous abandonné la monoplace au profit de l’endurance ?

J’avais signé un contrat pour piloter en Formule 1 et l’écurie a cessé son activité juste avant le début de saison. J’ai décidé de partir en spider chez Peugeot. En 1992, je suis devenu champion d’Europe et vice-champion de France dans la Formule Peugeot 905 Spider. J’ai décroché également la deuxième place lors de la dernière manche du Championnat du monde des voitures de sport 1992 à Magny-Cours, en partageant le volant de la 905 n° 71 avec Christophe Bouchut. L’année suivante, j’ai remporté le titre de champion de France dans la Formule Peugeot Spider 905. À partir de 1994 et jusqu’en 2005, j’ai participé au Championnat de France de Super tourisme, finissant régulièrement second, au volant de voitures Opel et Peugeot. J’ai participé parallèlement aux championnats BPR en 1995, en STW en 1998 et 1999, et au DTM en 2000. J’ai par ailleurs goûté aux courses sur glace, où je me suis constitué un palmarès : victoire en 1996 des 24 Heures de Chamonix, avec Markku Alén sur l’Opel Astra et en 1997 les 24 Heures de Spa, avec Didier de Radigues et Marc Duez sur BMW 320i, terminant la même année second du Trophée Andros sur Opel Tigra. En 2006, je me suis imposé lors du Test du Mans et terminé 15 jours plus tard deuxième des 24 heures du Mans, avec Loeb et Frank Montagny. La même année, j’ai remporté les 1.000 kilomètres du Nürburgring sur la voiture d’Henri Pescarolo, avec Jean-Christophe Boullion et Emmanuel Collard.

Les 24 heures du Mans suscitaient votre intérêt quand vous étiez encore jeune ?

Au contraire, je ne m’intéressais pas du tout au Mans. Je croyais, à tort, que Le Mans était une course lente, réservée aux pilotes qui n’avaient plus de volant en Formule 1. Quand j’ai disputé moi-même Le Mans, je me suis rendu compte que ça roulait vite, que les voitures étaient de vraies bêtes et que l’endroit était magique. Je n’ai vraiment découvert Le Mans qu’en 1993, l’année de ma victoire ! Une victoire suivie de dix échecs. J’ai eu la possibilité de faire trois autres podiums par la suite mais jamais de gagner à nouveau.

Quels sont vos premiers souvenirs des 24 Heures du Mans ?

Avant de participer au Mans avec Peugeot, j’avais déjà fait le baptême du feu, en bouclant sept simulations de 24 heures au Paul Ricard. Je connaissais très bien la Peugeot 905. Mes premiers tours sur le circuit du Mans se sont passés sans la moindre anicroche. Mais une petite once d’angoisse persistait, car quand on passe toutes les vitesses de la 905 et qu’on se retrouve à 380 km/h, là on se dit que ça va vraiment vite. Je me suis rendu compte que ce n’était pas la même sensation de vitesse au Paul Ricard. En arrivant dans les Hunaudières, l’adrénaline est à son comble. À l’évidence, Le Mans est un circuit différent des autres. Même quand on connaît bien le circuit, on peut encore y faire la différence. Et on ne doit pas omettre une notion de danger qu’on ne retrouve pas sur un autre circuit. Avec la 905, c’est 240 km/h de moyenne sur 24 heures !

Quel pilote des 24 Heures du Mans vous fait rêver ?

Indubitablement, Tom Kristensen. J’ai eu la chance de rouler avec lui, c’est quelqu’un que je respecte beaucoup. J’avais également roulé contre lui en Super tourisme. Il a toujours été très bon. Il a su faire la différence quand il le fallait.

Quelle différence en termes de pilotage y a-t-il entre la monoplace et l’endurance ?

En monoplace, ce sont des courses assez courtes et donc on pilote pour une efficacité maximum, sans économiser sa monture. La difficulté des courses d’endurance, c’est qu’elles mobilisent l’énergie et la concentration du pilote plus longtemps. 10) Vous avez remporté le Mans en 1993 au volant de la Peugeot 905.

Quels ont été les facteurs de cette réussite ?

En 1993, Peugeot participait pour la troisième fois au Mans. La marque avait déjà remporté l’épreuve en 1992 et nous étions prêts pour 1993. Tout était parfait : Au niveau du management, Jean Todt était le patron et côté technique, André de Cortanze était le chef ingénieur. En plus, on avait une équipe de pilotes chevronnés (Jabouille Alliot Baldi Brabham Dalmas Warwick Brundell Bouchut et moi-même). Nous avions, en outre, fait sept tests d’endurance de 24 h au Castellet.

Gardez-vous dans votre garage les voitures avec lesquelles vous avez gagné des courses ?

Malheureusement non, j’ai simplement la R 12 Gordini de mon papa, qui me rappelle de bons souvenirs. Pouvez-vous nous raconter quelques anecdotes croustillantes que vous avez gardées en mémoire de vos courses ? Ce que je garde en mémoire c’est que j’ai failli sortir de la piste à quelques heures de l’arrivée en 1993 sur une plaque d’huile laissée par un concurrent. C’était très chaud, mais en somme rien d’extraordinaire, puisque le sport automobile est par essence un sport de risque et d’adrénaline.

Avez-vous déjà été confronté à un accident spectaculaire, qui vous a poussé à vous remettre en question par rapport au risque du sport auto ?

Oui, malheureusement, j’étais présent lors de l’accident mortel de Sébastien Enjolras aux 24 heures. Ce fut tragique et bouleversant, mais j’ai toujours su que le sport automobile était dangereux.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le sport mécanique d’endurance ?

Je suis très proche de l’endurance, qui reste ma passion. Je commente d’ailleurs depuis de nombreuses années les 24 heures du Mans pour Eurosport. Cette année, le centenaire des 24 h du Mans sera une année exceptionnelle, avec une belle brochette de sportives de haute voltige : Porsche, Toyota, Ferrari, Chevrolet, Aston Martin, Peugeot, Porsche, Cadillac, Glickenhaus …

Vous êtes le patron de Still Racing, écurie automobile spécialisée dans la préparation de véhicules historiques qui participent à des courses d’endurance, comme Le Mans Classic. Pourquoi cette reconversion ?

Après mes années en tant que pilote professionnel, je souhaitais rester dans la course automobile. Mon diplôme de technicien supérieur, allié à ma passion ne laissait que peu de place à la question. Au final, j’y ai trouvé mon compte, puisque je suis resté en contact avec le sport auto d’endurance.

Avez-vous constaté un engouement pour ce genre d’épreuves ?

Les épreuves historiques connaissent un succès retentissant. Tous les week-ends, des épreuves sont organisées et les plateaux sont pleins. Par exemple, Le Mans Classic et le Tour auto déplacent toujours beaucoup de férus des voitures de courses classiques.

Quelles sont parmi les voitures anciennes ou modernes, celles qui vous fascinent le plus ?

La 905 est bien évidemment une de mes autos favorites, mais j’adore aussi la Jordan verte pilotée par Schumacher.

Quels sont vos hobbies ?

J’adore le golf et les balades en moto.

Biographie :

1966 : Naissance à Paris.
1979 : Démarre la compétition en karting.
1993 : Remporte les 24 heures du Mans dès sa première participation, au volant d’une Peugeot 905.
2009 : Lance l’écurie Still racing spécialisée dans la préparation de véhicules historiques qui participent à des courses d’endurance.