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Klauss Busse

German Designer & Italian design lover

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Sourire malicieux, regard espiègle, Klaus Busse se montre prolixe à chaque fois qu’il s’agit de parler de sa passion pour le design automobile, surtout italien.

Diplômé de l’Université de Coventry et fort d’un riche background formé grâce à son passage à la tête du design intérieur chez FCA North America, Klaus possède une vaste expérience en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis et a été reconnu au fil des années pour son travail de design automobile et industriel.

Parmi les modèles les plus récents pour lesquels le travail de Klaus Busse est particulièrement reconnu, citons la sublime Maserati MC20, première super sportive 2 places à moteur central de la marque au Trident et la nouvelle Fiat 500, 100% électrique, qui confirme la maestria de Klaus Busse à retoucher le design d’une voiture, tout en conservant la célèbre silhouette.

Klaus Busse est également félicité pour son travail sur la Fiat Centoventi, un concept car qui a été une des attractions majeures au Salon de l’automobile de Genève 2019 ou bien le concept Alfa Romeo Tonale, qui représente le premier pas vers l’électrification pour la marque au Biscione.

Comment avez-vous attrapé la passion de l’automobile ?

 Je suis né dans la campagne allemande et ce ne fut pas l’endroit idéal pour admirer les plus belles voitures. Je suivais plutôt le monde de l’automobile en regardant des émissions TV, surtout américaines. Mais la première voiture qui m’a réellement subjugué fut la Lamborghini Countach. Je ne me rappelle plus où je l’ai vue pour la première fois. Pas dans la vie réelle en tous cas, probablement sur un poster.  Je me suis beaucoup intéressé à cette voiture, surtout du point de vue du style et à son designer, Gandini. Et c’est à partir de là que j’ai commencé à manifester un intérêt certain pour le design automobile italien. Quand j’ai eu 16 ans, j’ai commencé à dessiner quelques croquis…Ce fut le début.

Vous vouez un véritable culte au design italien. Comment l’expliquez-vous ?

Lorsque je suis arrivé en Italie, j’ai rencontré Giorgetto Giugiaro, l’un des designers italiens les plus prolifiques de l’industrie automobile. Je lui ai demandé ce qu’était le design italien. Il a ri et m’a répondu que ça n’existait pas. Je n’étais pas d’accord. À mes yeux, le design italien est le fait de capturer la beauté accessible de l’Italie. L’Italie est un pays qui englobe beaucoup de choses, à la fois exquises et abordables : la gastronomie, la mode, l’architecture, que chacun peut apprécier… Le design italien développe cette essence, celle de créer quelque chose d’exceptionnel, sans être hors de portée.

Que représente pour vous l’expérience de Mercedes-Benz ?

À vrai dire, la marque à l’étoile a été pour moi une très bonne école, où j’ai appris le métier de designer, en côtoyant de gros calibres tels que Bruno Sacco et un peu moins Gorden Wagener, qui a quitté peu après mon arrivée chez Mercedes. 

Certains présentent les deux concepts Alfa Romeo Tonale et la Fiat Centoventi comme révolutionnaires. Qu’en pensez-vous ?

C’est une chose très rare pour nous d’aller à un salon avec deux concept cars et la belle chose que nous avons pu faire avec l’Alfa Romeo et la Centoventi, c’est que nous avons pu montrer les deux côtés du design italien, tel que nous le voyons. Nous avons donc devant nous, avec la Tonale, la beauté sculpturale classique du design italien et avec la Centoventi, nous avons l’approche italienne de la conception du produit, appliquée à la voiture. Vous voyez donc les deux extrêmes du design italien dans la sphère automobile.

Avec le Tonale, le défi était, puisqu’il s’agit à nouveau d’un SUV et que nous avons déjà un SUV avec le Stelvio, de créer quelque chose qui soit typique d’Alfa Romeo, mais qui n’ait rien à voir avec le Stelvio en termes de formes. Le Stelvio est une voiture très musclée, avec un accent sur les roues et les formes voluptueuses. Le défi était donc qu’avec notre deuxième entrée sur le marché des SUV, nous ne créions pas une copie du grand frère, comme vous le voyez chez d’autres marques, qui adoptent un même design et l’adaptent à des tailles différentes. Nous voulions créer quelque chose de complètement différent avec le Tonale.

Maserati est une marque dont l’héritage est immense. Vous sentez-vous limité par cet héritage, lorsque vous concevez de nouveaux modèles ?

Je ne me sens pas bridé, au contraire je me sens responsable. Lorsque vous concevez une Maserati, vous concevez une future voiture de collection. C’est en soi une lourde responsabilité qui repose sur vos épaules.  En tant qu’équipe de conception, nous avons identifié ce qui représente pour nous l’ADN Maserati. Certains de nos concurrents font des voitures avec de grandes prises d’air et des grilles. Nous essayons d’exprimer la puissance du véhicule, sa stature, en utilisant uniquement le logo du trident et la forme de la calandre. Si vous êtes à bord d’une Quattroporte ou d’une Ghibli, par exemple, lorsque vous êtes à un feu, vous n’avez pas besoin de faire tourner votre moteur pour montrer sa puissance, car votre voiture porte le trident. 

Quels éléments verrons-nous sur les futures Maserati ?

Il y a des choses très visuelles : il y a le visage que vous avez vu sur la MC20. Il a la même signature lumineuse, la bouche basse et les feux en hauteur. C’est le nouveau visage de Maserati avec la MC20, la Grecale et aussi avec la Granturismo. La philosophie consistant à pousser la pureté au maximum, tout en permettant aux ingénieurs d’exprimer la fonctionnalité et la performance dans la partie inférieure de la voiture, était importante, car lorsque nous avons créé cet ADN du design, nous nous sommes penchés sur la marque en tant que contexte : où sommes-nous et où va la marque?

Nous ne voulions pas concevoir une voiture pour Instagram, nous ne voulions pas concevoir une voiture pour la frime et dont l’apparence est trop agressive. Nous voulions concevoir une voiture qui, dans une certaine mesure, ajoute une valeur visuelle : si vous voyez une Maserati, elle ajoute de la beauté à l’environnement. C’est une sculpture roulante et pour nous, la sculpture, surtout en Italie, c’est une question de proportions et de formes, pas d’éléments décoratifs bidimensionnels, de plis ou de prises d’air inutiles ou de faux tuyaux d’échappement.

Le nouveau Levante Hybrid est le premier SUV électrifié de Maserati. Que représente l’électrification pour vous ?

Un défi important. Avec le Levante Hybrid, nous avons ajouté une nouvelle étape dans notre stratégie d’électrification, qui a débuté l’année dernière, avec le Ghibli Hybrid. Dans l’avenir, tous nos nouveaux modèles seront développés, conçus et produits en Italie et adopteront des systèmes de propulsion électriques ou hybrides, capables d’offrir une grande innovation et de hautes performances.

Comment l’électrification va-t-elle affecter la conception des voitures ?

Les effets qu’elle aura sur la conception des voitures seront physiques et émotionnels. Les premiers concernent l’apparence de la voiture : par exemple, une voiture électrifiée a besoin de moins de refroidissement, ce qui signifie moins de prises d’air. Les changements physiques sont plus immédiats que les changements émotionnels : pensez au bruit du moteur…

Comment intégrez-vous la numérisation et la technologie intérieure au design ?

La technologie nous apprend ce qui vieillit bien et ce qui ne vieillit pas et nous appliquons ces tendances à notre travail, afin d’avoir deux retours : offrir au client une technologie de pointe et donner à la voiture une longévité visuelle.  Le Levante Hybrid se concentre à la fois sur la performance et l’économie de carburant… Nous avons opté pour une solution Mild Hybrid, afin d’améliorer les performances, tout en réduisant la consommation et les émissions et en soulignant la vocation de la voiture pour le plaisir de conduire et le luxe. Le résultat est un SUV hybride, qui conserve également le son des moteurs Maserati.

En 2022, la MC20 aura sa version électrique. Comment avez-vous abordé cette conversion ?

Évidemment, l’enjeu de l’électrification impacte la manière dont je dessine mes projets. Chez Maserati, je me suis surtout intéressé à la question du bruit. Pour beaucoup de personnes, Maserati, c’est avant tout un son incroyable. Or, les voitures électriques sont généralement silencieuses. Il y a six ans, quand je suis arrivé en Italie, nous avons visionné avec mon équipe une vidéo d’archive d’une Maserati A6GCS (1954), ma favorite et nous avons décidé de couper le son de la vidéo, pour y superposer une musique classique. Soudain, c’est devenu évident. C’était d’autant plus beau sans le son. La voiture devenait une sculpture dynamique. Lorsque la pandémie est survenue, Turin est devenue silencieuse. Il n’y avait aucune voiture, c’était très beau et j’ai réalisé que le projet pouvait être d’autant plus fort si la nouvelle Maserati électrique circulait silencieusement.

Comment conjuguez-vous créativité et contraintes techniques ?

La chose la plus importante à mes yeux est la collaboration respectueuse avec les équipes d’ingénieurs. Ainsi, ce qui préside à la conception, c’est d’abord la performance et ensuite l’esthétique. Ça peut sembler paradoxal venant d’un designer, mais Maserati, c’est avant tout la performance dans un bel écrin. L’objectif n’est pas de créer la beauté en premier lieu,  avant de penser à l’ingénierie. 

En juin dernier, vous avez été nommé Design Hero aux Autocar Awards 2021, qu’est-ce que cela vous inspire ?

L’objectif derrière notre travail n’est pas d’obtenir des prix. Mais quand nous avons la chance de les avoir, ils représentent une belle confirmation de la valeur de notre travail, de la part du public. Notre devise est de donner le maximum de nous-mêmes, quittes parfois à aller au-delà de nos limites. Ce prix est avant tout une récompense pour l’ensemble du travail réalisé avec les équipes design de Maserati car, faut-il le rappeler, je ne suis pas seul sur ce projet, c’est le fruit d’une collaboration. Cette distinction est également la reconnaissance d’un travail original autour de la MC20.

À l’avenir, quelles nouvelles tendances comptez-vous explorer en tant que responsable du design global chez Maserati ?

Notre objectif est de créer des voitures respectueuses de l’environnement, tant sur le plan de la conception que sur celui de l’ingénierie et de la technologie. Nous ne savons pas avec certitude quelles seront les nouvelles tendances. Elles seront probablement des évolutions de ce que nous voyons aujourd’hui. Ainsi, à l’avenir, les prises d’air deviendront obsolètes, à mesure que nous développerons l’électrification et les phares, avec la conduite autonome, pourraient devenir purement décoratifs. L’important n’est jamais d’aller à l’encontre d’une tendance, mais de l’embrasser, avec un respect conscient du passé.

Quels sont les meilleurs designers, à vos yeux ?

Je commencerai par Ralph Gilles, qui est le responsable mondial du design chez FCA. C’est mon mentor. Ensuite, Lorenzo Ramaciotti : nous avons travaillé ensemble pendant un an. C’est une personne tellement humble. Je voue également de l’admiration pour Daniel Simon, qui a réalisé la voiture Roborace pour la Formule E. C’est un bon ami. Zaha Hadid fait partie également de mes préférés. Pourquoi ne voit-on pas plus de ce genre de travail ? Elle a montré que l’on pouvait être courageux en matière de design. Enfin, Santiago Calatrava, qui a réalisé la gare de Lyon, ainsi que des bâtiments d’une grandeur similaire.

Quels sont les voitures qui ornent votre garage ?

D’abord l’Alfa Stelvio, qui est ma voiture quotidienne, offrant beaucoup d’espace. La Fiat 500L : c’est la voiture de ma femme, en cappuccino avec un toit blanc très original. La Fiat 124 Spider, qui se caractérise par une tenue de route incroyable. La Maserati Gran Cabrio : c’est la voiture dans laquelle on peut se détendre, ce qui est une drôle de façon de décrire une Maserati, mais elle déborde de personnalité. La mienne arbore un rouge vif avec un intérieur presque blanc. Enfin, l’Alfa 4C : c’est le jouet ultime pour la piste – j’adore aller sur la piste, parce cela me permet de me déconnecter et de prendre du plaisir.

Biographie :

1969 : naissance en Allemagne 

1995 : obtient un Bachelor en design du transport de l’Université de Coventry et intègre Mercedes-Benz, en tant que design manager

2005 : responsable du design intérieur de FCA North America

2013 : reçoit le prix Automotive News All-Star pour le design

2015 : nommé vice-président du design de FCA Europe et reçoit le prix Industry Innovator of the Year

2021 : Nommé Design Hero aux Autocar Awards 2021

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