L’instinct de conservation et l’envie de préserver intact l’un des trois rares Levante  disponibles à l’essai clignotent dans ma tête. Pourtant, sur ce piégeux circuit de Baloco, fief du développement du groupe Fiat, Alex Fiorio, pilote d’essai Maserati et champion de rallye, semble n’en avoir cure et m’incite à tous les excès.Maserati, qui n’a convié qu’une poignée de médias pour cet essai exclusif du Levante –L’Automobile Magazine est le seul français- n’a décidément pas cherché le confort. Car la marque de Modène enchaîne en nous faisant infliger un traitement “off road” aux antipodes des 72.800 euros que réclame, au bas mot, son Levante. On se demande même quel possesseur de vrais 4×4 a jamais tenté de telles montées ou le passage d’un gué de 30 cm d’eau. Ainsi, le SUV Levante est aussi armé d’un système Hill Descent Control qui gère à votre place des descentes à des angles angoissants. Rien de nouveau, mais en recourant à un système Bosch éprouvé, Maserati s’est garanti un résultat bluffant.

Néanmoins, si ce SUV Maserati s’avère un baroudeur inattendu, il ne prétend pas tutoyer les Jeep et Land Rover. Une longue portion à trois voies de “l’autostrada” A4, qui relie Milan à Turin, semble déjà mieux correspondre à l’usage majoritaire qui sera fait du Levante. C’est ici qu’Alex décide d’ouvrir la route pour nous laisser tenter une pointe. On emboîte le pas à sa Quattroporte  et dépassons, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, les 190  km/h. Le Levante ne sourcille pas et son V6 bi-turbo tournant à 3.900 tr/mn rappelle qu’il a de la marge (zone rouge à plus de 6.000 tr/mn). Les 430 ch n’ont cure des 2.109 kg à mener. Le trafic se densifiant, on reprend un confortable 150 km/h. À cette allure, l’insonorisation à bord du Levante permet de deviser à trois sans forcer le ton. En revanche, les gros raccords du bitume autoroutier se ressentent et résonnent dans les grandes roues. Une sécheresse déjà constatée, plus tôt, sur des routes étroites, bombées et bosselées. Sur ce réseau secondaire où trafic dense et profonds fossés incitent à la prudence, la direction du SUV Maserati manquait aussi d’un point milieu plus marqué –cela s’améliore vite avec la prise de vitesse- et les larges enveloppes subissaient le profil de la route obligeant à de petites corrections, sans jamais inquiéter cependant.

Le velouté –même en mode confort- n’est donc pas le propre de ce Levante, mais il cette Maserati pas moins bon élève que ses rivales germaines, au contraire. Et son V6 vif et musical est un régal dont on savoure l’élasticité et les jappements ténus au rétrogradage. En revanche, si ce SUV Maserati se targue d’une pléthore d’aides à la conduite (régulateur adaptatif, assistant de parking, camera à 360 degrés…), il n’autorise pas de prémices de conduite autonome, comme un Volvo  XC90  ou une BMW Série 7 . De même, le Levante n’offrira pas de version hybride rechargeable avant 2018. Reste qu’en accédant, seulement trois ans après sa résurrection, au segment du 4×4 de luxe, Maserati s’ouvre un marché mondial qui a déjà dépassé les 500.000 unités en 2015. De quoi parier que ce SUV Levante va devenir le best-seller probable de Maserati.

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