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Architecte milanais et promoteur immobilier, Corrado Lopresto a passé sa vie à traquer et à dénicher des prototypes et des voitures uniques. C’est un individu profondément passionné de ce qu’il fait, prêt à apprendre et toujours intéressé par les petits détails des nouvelles voitures et l’histoire de chaque modèle.Depuis l’âge de 16 ans, sa passion pour le design automobile italien lui a permis de construire la seule collection dans son genre au monde.

Et plus important encore, il a une intuition et une capacité qui lui permettent de voir l’élément pertinent qui rend une voiture unique et de l’ajouter à sa collection. De l’Alpha Praho Touring à l’Osca 1 600 GT, en passant par le buggy Autobianchi A112 Pininfarina de 1973, chaque modèle présenté n’a été produit qu’à un seul exemplaire au monde.Ce Milanais a glané plus de 180 prix lors des Concours d’Elégance de Pebble Beach, Villa d’Este, Amelia Island, Goodwood ou Chantilly…Il est en plus la seule personne à avoir remporté la Coupe d’Or quatre fois à la Villa d’Este. Alors que les amateurs d’automobiles ont tendance à se concentrer sur de grandes voitures classiques, Corrado Lopresto est intéressé par les carrossiers et designers.Il sent que derrière chaque prototype, il y a une vraie personne et il se fait un point d’honneur à superviser la restauration de ses précieuses voitures, en prenant soin de préserver autant que possible les caractéristiques originales, de manière à respecter l’esprit du concepteur. Fidèle à son habitude depuis quelques années de vous faire vivre la passion automobile en allant à la rencontre des grands de cet univers fascinant, Gentlemen Drivers a rencontré ce collectionneur hors-pair, pour vous faire découvrir sa collection d’exception et sa vision du monde de la collection de voitures.

Comment avez-vous attrapé le virus de la passion de l’automobile ?

Quand j’étais enfant, mes parents avaient un grand entrepôt, où -certains de nos voisins et amis garaient leurs voitures principalement des Lancia – et je me souviens de certains agréables modèles. Mais le vrai point de départ de cette passion pour l’automobile a commencé quand j’avais quatorze ans.

Mon frère restaurait un cyclomoteur Parilla 150. Nous avons travaillé ensemble là-dessus, mais malheureusement il n’a pas pu le finir à cause d’un accident mortel. En même temps, mon cousin a commencé la restauration de la Lancia Aurelia qui appartenait à sa famille.Nous avions l’habitude d’aller à l’école avec cette voiture, conduite par un chauffeur. Je me souviens très bien de ce modèle. Il avait un intérieur en cuir, une option très rare à l’époque. J’ai vécu ma jeunesse entouré de voitures.C’était une pratique courante dans le Sud de l’Italie à ranger les voitures dans le garage au lieu de les vendre. Ma tante et mon oncle possédaient plusieurs voitures et ils les ont stockées dans le garage familial. En tant qu’enfants, ce garage, avec toutes ces voitures et cette poussière, est devenu un bonheur et une source de joie pour nous ! Nous y passions tout notre temps libre après l’école. Nous avons fait semblant d’être un petit Nuvolari. Voilà comment ma passion pour les voitures anciennes a commencé.

Parlez-nous de votre première voiture ?

À l’âge de 18 ans, je me suis mis à économiser tout l’argent que je pouvais avoir pour m’acheter une voiture, vu que mon père refusait de m’en acheter une. Finalement, je me suis offert une Fiat Balilla 3 vitesses et j’ai décidé de la restaurer moi-même. La restauration a duré presque une année et s’est achevée au moment où je suis arrivé à Milan en tant qu’étudiant.Il ne me manquait que les bandes situées le long des côtés. J’ai emmené la voiture chez un tôlier qui m’a montré un catalogue de bandes et j’ai porté mon choix sur un modèle. C’est un choix qu’il n’a pas entériné, en soulignant que ce type de bandes ne convenait pas à ma voiture. Je me rappelle qu’il m’avait dit de le laisser travailler en paix. J’ai appris par la suite qu’il avait amené ma voiture chez un spécialiste. Je me souviens encore de la façon dont nous avons pris la Balilla à la maison. La voiture ne possédait aucun papier ou plaque, mais mon mécanicien avait restauré cette voiture plusieurs années auparavant et il avait gardé les plaques originales !Je suis parvenu à trouver le propriétaire de la voiture et je suis allé le voir avec un ami commun. Ce vieux monsieur a commencé par me menacer, il voulait que je lui restitue sa voiture ! Heureusement, mon ami était avec moi et lui a expliqué que j’avais acheté la voiture à quelqu’un d’autre. J’ai compris ensuite pourquoi le vieil homme était tellement en colère contre moi. La personne qui possédait la voiture avant moi n’avait pas payé la totalité du montant au petit vieux. Il lui avait seulement payé la caution ! Finalement et grâce à mon ami, j’ai pu trouver les papiers originaux de la Balilla.

Donc, ce fut vraiment le début de votre collection ?

Oui, quand j’ai compris que j’avais un modèle spécial, j’ai senti que je ne pouvais pas le vendre et du coup, je l’ai gardé. Mon second véhicule était également très modeste, car je ne disposais pas de beaucoup d’argent. C’était un LWB Fiat 1100 Ministeriale avec des sièges pliants à l’arrière, un autre projet de restauration. Les voitures Ministeriale ne sont produites qu’en très petit nombre.

Comment faisiez-vous pour débusquer vos voitures ?

J’ai déniché la plupart de mes voitures dans les années 1990 et 2000. En fait, j’ai participé à mon premier concours d’élégance en 2001 et les gens ont vite compris mes objectifs et ma philosophie et m’ont aidé à trouver d’autres voitures.

Seuls certains propriétaires ont voulu que j’achète leur voiture, car ils savaient qu’elles seraient entre de bonnes mains. Je me souviendrai toujours de mes amis, qui étaient prêts à critiquer volontiers mes voitures : «ceci est trop long, cela est trop court».Chacun d’entre eux avait un prétexte différent pour essayer de me dissuader de l’achat d’une voiture. Heureusement, je ne les ai pas écoutés ! Au contraire, cela m’a encouragé de plus en plus à continuer à sélectionner des voitures uniques avec patience et passion.

Quelle était exactement votre philosophie ?

Je suis architecte et je suis Italien, donc j’ai une passion pour le design italien et pour la personne derrière chaque croquis, chaque dessin. Le design est non seulement une question de forme, mais aussi une question de nature humaine.

Parlez-nous des restaurations de voitures que vous avez entreprises ?

J’ai commencé avec la Balilla 3-vitesses à l’atelier des Frères Giordano, situé là où j’ai vécu et étudié, à Reggio de Calabre.

À cette époque, je n’avais pas de gros moyens financiers. Mon père était un homme riche, mais aussi très avare et il ne voulait pas que je gaspille mon temps et mon argent sur des voitures. En plus de mon argent de poche, ma mère était ma seule vraie ressource.

Toutefois, j’ai vu le côté positif de la chose, car j’étais obligé de faire toute la restauration moi-même ! J’ai proposé à mes parents de faire un tour avec cette voiture pour prouver à mon père que j

 

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