Le Roadster des stars

Ancêtre du roadster Z8, la 507 est sans conteste un des modèles les plus légendaires de la firme allemande et celui qui a marqué son histoire à tout jamais. Il faut savoir, que l’industrie automobile a connu des difficultés après la 2e guerre mondiale. BMW n’a pas échappé à cette crise, au point de risquer d’être racheté par Daimler-Benz. C’est à ce moment-là, au milieu des années 50, que Max Hoffman, importateur de BMW aux États-Unis qui suggère à la marque de lancer un roadster sportif exclusif, destiné à une clientèle triée sur le volet.

La 507 est considérée en quelque sorte comme le sauveur de BMW qui, en plus de lui assurer un nouveau départ aux États-Unis, lui a surtout permis d’éviter la faillite. C’est en 1955 que la marque bavaroise a décidé de présenter à Francfort son tout nouveau roadster. Dessinée par le dessinateur industriel allemand Albrecht Goertz, qui était exilé aux Etats-Unis, la nouvelle BMW séduit d’emblée par sa ligne qui n’est pas sans rappeler les modèles italiens de l’époque. Cet élève de Raymond Loewy, inventeur de la fameuse bouteille de Coca-Cola, a opté pour un long capot qui plonge vers l’avant ; où il retrouve les fameux naseaux qui s’étendent, cette fois, sur toute la largeur de la calandre, se distinguant ainsi des autres modèles de la marque. Autre signe distinctif du roadster, les ouïes latérales qui avaient tellement marqué à l’époque que BMW n’a pas hésité à les reprendre sur les Z3 et Z8. Se voulant sportif, le roadster affichait des flancs tendus et un arrière fuyant, mais il accueillait également plusieurs touches de chrome, qui lui donnaient à la fois une finition haut de gamme et qui lui permettaient de se placer sur une niche où il n’avait pas vraiment de concurrent direct. BMW a choisi d’habiller l’intérieur de la 507 de cuir et de l’équiper, entre autres, d’un poste radio Becker à recherche automatique de stations, dont le haut-parleur monophonique avait été incrusté au centre même de la planche de bord.

Pour offrir à sa clientèle une tenue de route irréprochable, BMW a eu recours à des techniques déjà éprouvées. Ainsi, la 507 a eu droit au châssis à longerons et traverses tubulaires de la 502, mais a perdu 35 cm pour l’occasion. Le roadster, avait droit à une suspension à bras triangulés à l’avant et à un essieu rigide avec barre type Panhard, à des roues de 16’’chaussées, à une direction à engrenages coniques réglable axialement, à des freins à tambours en alliage léger, avec un système de refroidissement spécifique et une assistance hydraulique.

Destiné au marché américain, il était primordial pour le roadster allemand d’adopter un moteur V8. Une fois encore, BMW a décidé de chercher dans sa banque d’organes, pour opter pour le bloc qui équipait la 503. Conçu par le Dr Fritz Fielder, designer et ingénieur allemand, c’était l’un des premiers moteurs en aluminium. Le V8 développait une puissance de 150 ch, à un régime maximum de 5.000 tr/mn et était couplé à une boîte à vitesses ZF. Pour le démarrer, il fallait appuyer sur un bouton-poussoir placé sous la clé de contact. Grâce à un poids contenu d’à peine 1.300 kg, la BMW 507 exécutait le 0 à 100 km/h en 11 secondes, alors que la vitesse de pointe oscillait entre 190 et 220 km/h. À cette époque déjà, la firme allemande a affirmé ses qualités de motoriste, grâce à un bloc en alliage léger avec chemises humides, une compensation automatique du jeu des soupapes et un vilebrequin à demi-coussinets.

Fabriquée à partir de novembre 1956, la BMW 507 a été commercialisée à un prix jugé exorbitant, ce qui en a fait d’emblée une voiture rare, qui a été produite à 253 exemplaires seulement, dont 2 avaient servi de prototypes. Parmi les exemplaires les plus célèbres, figure sans conteste celui ayant appartenu à Elvis Presley. Le «King» avait acheté le roadster alors qu’il faisait son service militaire en Allemagne. Cette voiture, dont le premier propriétaire, était le pilote de course Hans Stuck, était blanche à l’origine, mais Presley avait choisi de la repeindre en rouge, à cause des messages laissés par ses fans au rouge à lèvres. En 2014, cette voiture a été retrouvée dans un garage aux États-Unis dans un piteux état. Il a fallu à BMW Group Classic deux longues années pour lui redonner son éclat.

La 507 est sans doute la plus mythique des BMW et sa rareté en fait une voiture de collection très recherchée, que les collectionneurs s’arrachent lors des ventes aux enchères.

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