RALPH LAUREN - Gentlemen Drivers

Styliste de renom, Ralph Lauren a également une grande passion pour les voitures. Son travail dans la mode a grandement influencé le regard qu’il porte sur l’automobile. À l’image de ses créations, qui transcendent l’obsolescence, les voitures qui composent sa collection ont comme dénominateur commun une intemporalité qui, parfois, s’abreuve à son regard de grand esthète. Ainsi, il ne s’embarrasse pas, de temps à autre, à en modifier certains détails pour les sublimer davantage. Et comme il aime également les faire vivre, il les utilise régulièrement, avouant avoir un faible pour les voitures de sport authentiques qui, à ses yeux, conjuguent puissance et beauté. D’ailleurs, il ne se lasse pas d’écouter la sonorité envoûtante de leurs moteurs ni de goûter au plaisir de se mettre à leur volant. Sa collection, qui compte parmi les plus belles au monde, lui a permis de glaner plusieurs prix dont le prestigieux « Pebble Beach Concours ». Dans cet entretien exclusif, nous en apprenons un peu plus sur sa passion dévorante pour l’automobile.

Comment avez-vous eu l’idée de commencer à collectionner des voitures?

Ralph Lauren. Personnellement, je n’ai jamais envisagé d’être collectionneur de voitures. En revanche, j’étais un vrai passionné d’automobiles. C’est cette passion qui m’a poussé à en acquérir. Je suis tombé amoureux de la première, puis de la suivante et après je n’ai pas pu m’arrêter. Toutes mes voitures ont des personnalités distinctes, une histoire, de riches traditions et datent d’années différentes, mais ce qui les unit, c’est leur intemporalité. Chemin faisant, j’ai commencé à construire une collection alors que je n’en avais nullement l’intention au départ. Je voulais simplement acquérir les voitures de mes rêves. Et chaque fois que j’en conduisais une, il y a une espèce de relation fusionnelle qui se crée, au point qu’il devient très difficile de m’en séparer par la suite.

Quelle est la voiture de votre collection à laquelle vous vouez le plus d’admiration?

Une des voitures les plus uniques de ma collection est la Bugatti Atlantic. Elle est toute noire, avec des rivets distincts. Il est difficile pour moi de la décrire tellement elle est exceptionnelle. Elle a été construite pendant les années trente. C’est probablement l’une des plus belles voitures que j’ai vues. Si vous l’aperceviez, vous ne sauriez ni ce que c’est, ni de quelle période elle date. Pour moi, c’est une voiture qui illustre parfaitement l’intemporalité et moi j’aime les voitures intemporelles.

Certaines de vos voitures de collection remontent à une époque où elles étaient encore fabriquées à la main. Y trouvez-vous des points de ressemblance avec votre activité dans la mode ?

Le monde automobile s’inspire de celui de la mode, et le monde de la mode s’inspire de celui des voitures ou de n’importe quel environnement qui nous entoure. Il y a donc un échange. Je suis constamment à la recherche d’inspiration pour améliorer ce que je crée. Mes voitures y ont sans doute beaucoup contribué au fil des années. Que ce soit une bretelle de capot en cuir inspirant celle d’une robe du soir glamour, la fibre carbone de ma McLaren qui a inspiré la chaise en fibre carbone RL CF-I lancée en 2003, ou la nouvelle « automotive », montre en bois poli inspirée du tableau de bord de ma Buggatti Atlantic. Les finitions artisanales de ces machines continuent d’influencer les éléments -aussi bien fonctionnels qu’artistiques- que j’intègre dans les vêtements et les atmosphères que je crée.

Est-ce que les voitures vous inspirent dans la création de vos vêtements, objets et accessoires ? Si oui, en quoi ?

Bien sûr, quand on est animé par la passion pour l’automobile et qu’on est attentif à certains détails -revêtement, ornements, volants en bois et différentes formes-, cela ne peut qu’enrichir mon background de designer. Les voitures que j’ai acquises au fil des ans sont aussi soignées aujourd’hui qu’elles l’étaient du temps de leur fabrication. Elles sont tout simplement intemporelles parce qu’elles ont su garder leur aura d’antan. Et justement, un des critères du bon design est qu’il ne paraisse jamais démodé. Ce principe a guidé mes choix de voitures, ma collection et également mon sens du design. Je n’ai jamais créé pour l’obsolescence, j’ai créé pour la longévité. Chaque voiture représente une partie de ma vie.

Vous avez des voitures très rares et qui coûtent une fortune. Comment vous y prenez-vous pour les restaurer ?

Sur ce point, je suis très méticuleux. C’est pour cette raison que je tiens à être impliqué dans chaque étape du processus de restauration. J’ai toujours pris soin de maintenir la précision des détails de la carrosserie, de l’intérieur et du moteur. Il y a cependant une exception notable, la Buggatti 57SC : seulement trois voitures ont été construites et l’une d’elles a été démolie dans un accident l’année dernière. En 1986, j’ai été eu la chance d’acheter une des deux restantes et j’ai collaboré avec Paul Russell à sa restauration. La voiture a été initialement peinte en bleu « French racing » et elle avait un intérieur en cuir beige. J’étais cependant convaincu qu’elle serait meilleure en noir. En rendant le tout noir, elle a gagné un nouveau sens de pureté.

Dans votre collection, on retrouve beaucoup de voitures de sport, voire des voitures de course. Est-ce que la puissance et la vitesse sont vos critères de choix lors de leur acquisition?

J’ai attrapé le virus de la passion automobile très tôt et, au fil des années, cet amour est allé croissant. J’ai ciblé plus particulièrement les anciennes voitures de sport car elles représentent un mélange réussi entre le design et la technologie. Ce qui est admirable dans ces voitures, c’est qu’elles soignent leur esthétique tout en ne sacrifiant rien à la fonctionnalité et aux sensations fortes. Je me rappelle que j’ai découvert le vrai plaisir de la conduite sportive en achetant ma première vraie voiture de course, une Porsche Turbo de 1979.

Après l’avoir acquise, je suis devenu un grand passionné de voitures de sport. Mais malgré le fait que je dispose de beaucoup de marques dans ma collection, j’ai toujours eu un faible pour les modèles de la marque au cheval cabré. En plus de leurs performances prodigieuses, leur mécanique produit des sonorités inimitables. Pour moi, le design des Ferrai trahit le caractère latin des Italiens qui sont émotifs et passionnés. Une autre voiture qui, pour moi, est une parfaite incarnation de la vitesse pure est la McLaren qui ne ressemble à aucune autre voiture que j’ai conduite. Elle offre une expérience de conduite incomparable, au point que la conduire est comme piloter une fusée. Elle est le nec plus ultra des voitures de route -plus tard transposée en voiture de course. En somme, elle est belle, artistique et magique. Elle remplit tous les critères que l’on attend d’une voiture.

 

BIOGRAPHIE

Ralph Lauren, styliste américain très connu, est né à New York le 14 octobre 1939, de parents immigrés juifs de Russie. Dès son plus jeune âge, il commence à travailler après l’école pour s’acheter d’élégants et onéreux costumes. Il étudie la gestion au City College de New York, qu’il quitte deux ans plus tard.

De 1962 à 1964, il sert dans l’armée américaine. À son retour à la vie civile, en 1964, il travaille chez Brooks Brothers en tant que vendeur.

En 1967, il emprunte 50 000 dollars à Norman Hilton pour ouvrir une boutique de cravates où il vend notamment son propre label, Polo. Il rachète ensuite le nom à Hilton et, depuis lors, son petit commerce s’est transformé en multinationale.

En 1970, Ralph Lauren gagne le City Award pour la création exclusive d’une ligne d’habillement pour homme pour Andrew McLean. Durant cette période, il crée une ligne pour les femmes, taillée dans un style masculin. Cette ligne dévoile pour la première fois l’emblème de la marque, le cavalier joueur de polo.

En 1972, il crée ses fameux polos REPORTAGE EXCLUSIF manches courtes sortis dans plus de 24 coloris qui deviennent rapidement un classique. Ralph Lauren gagne la reconnaissance du public en fournissant la garde-robe du film « Gatsby le Magnifique ».

Au cours des années quatre-vingt, afin de diversifier la gamme de produits de son entreprise, il se lance dans la production d’accessoires de maison. C’est plus tard, dans les années quatre-vingtdix, qu’il lance la ligne Polo Sport avec laquelle il connaît un grand succès. Le 11 juin 1997, Polo Ralph Lauren entre en bourse, au New York Stock Exchange, avec pour symbole RL.

En 2007, Ralph Lauren possède 35 boutiques et 23 villes distribuent Ralph Lauren Purple Label aux États-Unis. Ralph Lauren est aussi connu pour être un collectionneur d’automobiles de collection. Ses voitures ont gagné de plusieurs fois le prestigieux « Pebble Beach Concours ». Il possède, entre autres, une Ferrari 250 GTO, une Bugatti T57SC Atlantic, une McLaren F1 GTR LM et, plus récemment, l’une des voitures les plus chères au monde, la Bugatti Veyron.

 

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